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04.05.2008

(En guise de première note.)

Il est vingt-trois heures douze, demain réveil à six heures quinze, j'ai passsé ma journée sur l'ordinateur. J'ai pas envie. C'est pas les cours qui me tracassent mais de voir les gens. C'est peut-être que c'est trop tard maintenant pour s'affirmer. Imagine "bonjour je te croise depuis le début de l'année mais je ne te parle que maintenant". J'avais pas envie. En même temps c'est un peu toujours la même chose. C'est qu'en vérité il me faut une sacrée dose de courage pour imposer ma différence... une sacré dose que je n'ai pas. Et c'est pas la différence le problème, c'est le courage, et même plutôt cette idée qu'il faut du courage, cette idée d'éffort. Le plaisir d'échanger vient très tard chez. J'ai tellement honte d'exister.
Alors je vais m'assoir, prendre le cours et m'en aller, sans mot. Répondre brièvement si on me parle, poliment, je peux sourire aussi, mais pourvu que l'échange ne dure pas. Qu'on m'oublie vite si on m'a remarqué, j'ai tellement honte d'exister.
J'imagine que plus tard ce sera plus facile, j'imagine. Dans mon sept metre carré j'aurais pas peur d'être moi. Je sourirais la bouche grande ouverte et hurlerais le nom des voisins par le balcon. Je ne serais pas une fille discrète. J'ai de la vie à revendre.
J'imagine. Et j'imagine que comme ça. Que plus tard. Parce qu'aujourd'hui exister dehors pour devoir disparaitre tous les soirs en rentrant c'est trop dur.

Je ne sais pas ce qui me dégoute le plus. Mon attitude où la leur. Dressage tyranique qui a tranquilement duré une vingtaine d'année. Pas de place un autre modèle que le leur. Je me sens comme un animal. Un animal qui a été heureux. 

Et là bien sur je vais finir par relativiser, les comprendre et me comprendre. Mais les faits restent là. Je suis dégoutée et ils m'enchaînent tendrement. Mais j'ai peur.

J'ai peur comme il m'ont si bien appris.

Cercle viscieux.

Comment fuir des gens qui font toute notre vie sans tomber dans le vide?

... 

Comment s'accorcher doucement à autre chose sans éveiller leur colère?

...

S'accrocher brutalement? Risquer un autre maître...

 

 

Je vais les aimer, lui, elles, eux, de tout mon être, juste le temps de partir.

Au moins certains comprendront.