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09.05.2008

Bilan.

Je me suis simplement trompé de personnes. J'ai pas été méfiante envers les bonnes. J'ai pas été sur la défensive avec les bonnes. J'ai encaissé chez moi et creusé un fossé avec le reste du monde dehors, m'enfermant psychologiquement dans une prison dont ils avaient pris soin de m'inculquer les plans. Oublier me disait-on. Mais comment croire à quelque chose qui n'avait jamais marché, et ce ne fut pas faute d'avoir essayé, à quinze ans j'étais complètement déconnectée, bonne pour la descente. Et puis il y a eu la philosophie. Cette discipline bizarre où on nous apprend qu'ouvrir les yeux fait avancer les choses, que rien ne s'oublie en les fermant. Un an de méthode aura suffit à ce que je reconnaisse enfin ceux qui me font souffrir. Un an pour ébranler le solide présuposé des parents aimant, de leur supériorité intellectuelle, un an pour s'éloigner de l'adolescence aussi afin d'éliminer l'hypothèse : "c'est l'âge", un an aussi pour le rencontrer, pour lui raconter ma vie en long et en large et à recevoir avec joie son avis, pas si différent du mien, du moins dans les grande lignes, et puis être un peu plus forte parce qu'amoureuse, plus accrochée du moins pour se décrocher d'une mère tout aussi malade mais tellement adorable.

En trois mots pour un premier regard : je suis bizarre.

Oui mais heureuse.

Et quand j'entends mon père dire au téléphone : elle est contente de ce qu'elle fait c'est le principal, j'entends le compliment "faire ce qu'elle souhaite" qui s'adresse malgré lui à moi, plus que d'autres sous-entendus. Parce que oui je prends ça comme un compliment, moi qui doutait de pouvoir diriger à bien ma vie.

Année prochaine, bonjour le travail, l'indépendance... les études ? curieusement j'en ai plus besoin mais j'aime toujours autant.

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