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10.05.2008
Exister.
Sitôt la porte entendue claquer ce matin et je me lève, descend, chantonne en faisant bouillir le reste du pho, allume la télé, déplie la table basse. Respire. Il sont partis pendant deux jours et comme à la moindre de leur escapade je suis prise d'une bouffée d'air frais, plus encore que revivre, je vis, comme pour la première fois, je me découvre dans un espace où il n'y a plus en gros cette pancarte : ne pas toucher. A 18h j'ai déplacé la table et ouvert la fenêtre qui donne sur le balcon, télé, oiseaux et cours sur les genoux, je me sens chez moi, un peu. Un peu. Toujours cette limite qu'on ose pas approcher, toujours cette demi-teinte qu'on s'efforce de garder, deux petits jours c'est peu, pour que ce ne soit pas trop dur, parce qu'on oublie pas que ce sont deux petits jours, même avec la force qu'on y met.
Je ne pense pas que partie ils me manqueront. Le vide et le morbide ne semblent pas être des choses qui manquent.
J'aurais bien invité quelques amis, fumé quelques cigarette et brûlé des bougies à la rose, mais deux jours, ce n'est pas assez pour effacer des traces de vie.
Ils rentreront et tout sera dans l'ordre. Si la poussière elle-même ne pouvait pas bouger...
Encore trois petits mois d'étouffement. Théoriquement.
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